vendredi 24 juillet 2009

Une âme solitaire?!

Je discutais avec l'Homme tout à l'heure au sujet d'un de mes innombrables paradoxes...

J'ai un ardent besoin de cotoyer des gens, du monde, du peuple, de la populasse quoi! Mais en même temps, je m'isole dans mon coin perdu de la Beauce (nous prévoyons d'ailleurs un éventuel déménagement dans LA grande ville)... Nous effectuons régulièrement des allers-retour vers Qc (soit une trentaine de minutes de la maison) et je carbure à la foule! Voir tout ce monde déambuler, amalgame de styles, de cultures, d'âges, ça me donne des frissons de bonheur dans le dos...

Croiser un joueur de guitare sur le coin d'une rue, écouter un joueur de djembé tambouriner sur son instrument, me faufiler parmi la foule du marché, observer les couples, les enfants, les personnes âgées, les solitaires; tout ça me donne donne de l'énergie, du fuel pur!

S'il y a bien quelque chose qui me manque dans ma campagne lointaine c'est ça, le bruit de la foule bigarrée qui va et qui vient, pour acheter des fleurs, prendre un verre sur une terrase, faire ses emplettes ou juste marcher...

Je souffre cruellement de la solitude que m'apporte ma maison presqu'en forêt; ne jamais croiser personne, être toujours seule, seuls... Ce grand besoin d'isolement était omniprésent lors de notre arrivée ici et c'est d'ailleurs ce qui avait motivé notre choix, mais là, après 18 mois, ma maison a beau être superbe, le terrain et le paysage qui l'entourent encore plus, je m'ennuie... Je meurs à petit feu... Je m'éteins...

J'ai l'impression que tout ce qu'il y avait de groovy en moi est en train de se muer en bottes de pluie et tracteur à gazon (uniforme officiel de mes loins voisins)... Le silence m'accable au lieu de me ressourcer... J'ai besoin que ça bouge autour de moi, besoin de sentir la vie, de la voir, de la goûter!

Mais, comble du paradoxe, je suis la première à fuir les invitations, les sorties entre amis, les bonnes bouffes et les rencontres sur le pouce! Je tremble presque d'effroi à l'idée de rencontrer une âme qui me connaisse, voudrait disparaître, fait 1001 détours pour l'éviter et fait généralement semblant de ne pas reconnaître un visage familier...

La grande question est: Pourquoi?

Je suis fière de moi, de nous, de ce que je suis, de ce qu'on est devenus, mais après tout ce temps loin du monde, où j'étais occupée à couver mes poussins et aimer mon coq, j'ai l'impression de sortir de nulle part et suis vraiment mal à l'aise de revenir ainsi «à la vie»...

Si j'ai jusqu'à maintenant toujours pu nier ce fait, voilà que là tout d'un coup, il me nargue, se targue de me faire réfléchir à ce nouvel état d'être: je suis une âme solitaire en pénurie de peuple!

Pas facile la trentaine...!


8 commentaires:

La Mère Michèle a dit…

Je suis en train de développer une théorie très articulée sur mon propre mal-être, qui est extrêmement similaire au tien, crois-moi.

Pour ma part, je me suis coupée du monde que je connaissais pour me retrouver dans une région nouvelle, prète à recommencer, mais découvrant que je me suis perdue, et que je n'ai pas l'énergie pour tout recommencer comme à 20 ans! Je suis partie volontairement, je retourne volontairement.

Je ne suis pas une fille de campagne. La nature me fait vibrer, j'adore, mais je retourne en ville avec une satisfaction sans borne chaque fois. J'ai besoin de l'énergie des artères, des services, des gens. Je m'éteins, tout comme toi, enfermée dans mon monde avec dehors, personne à qui parler.

Donc ma théorie: il faut vivre non pas là ou c'est beau, mais ou on a du PLAISIR. Déménager vers la beauté, la paix, etc ça n'apporte pas la paix. Il n'y a qu'en se mettant en action dans notre vie qu'on se retrouve à poser des gestes payants pour notre bonheur. Donc facile: ou est le plaisir?

Hop mama a dit…

Oufff, tu me donnes de gros frissons... Moi qui me croyais isolée dans mes extrêmes!

J'ai la réponse à ta question:

Le plaisir n'est pas ici, le mien en tous cas! Et je sais pertinemment où je peux le trouver...

Merci de m'accompagner dans mes délires, hihihi!

Grande Dame a dit…

Ouf! Confrontant de lire une vision si semblable à celle de notre nombril! L'être humain est empli de paradoxes...

Je suis pleine de réflexions profondes ces jours-ci, dommage que tant de proches lisent mon blog!

La Mère Michèle a dit…

Grande Dame: tu es plutôt en ville toi, tu vises la campagne?

Grande Dame a dit…

Ma réflexion ne fait pas référence à la ville vs la campagne mais plus à mon besoin de calme et d'introspection par rapport à la nourriture sociale qui me fait du bien en soufflant sur les cendres de mon essences.

En fait, ma ville c'est le social et ma campagne c'est l'isolement dû au fait que je sois actuellement à la maison (et que je me sente coupée du reste du monde)...

Grande Dame a dit…

Oups, désolée pour les fautes, faudrait que je prenne l'habitude de me relire avant de poster!! ;o)

La Mère Michèle a dit…

Moi non plus c'est pas vraiment ville vs campagne puisque actuellement je suis en ville ;o)

C'est ville contre ville pour ce qu'elles m'apportent. Mais c'est toujours pareil: faut un équilibre. J'ai besoin de nature, mais l'angoisse me pogne à habiter au fond d'un rang, je l'ai déjà fait je le sais. Et la vraie ville, avec du trafic et du smog, c'est une pensez-y bien. Donc ça me prends un peu des deux, oui. Mais surtout vivre où j'aurai du plaisir et vaincre mon isolement, c'est pareil à toi. J'avais une vie remplie avant de tout laisser, je ne me comprends tellement pas, à postériori! Je veux retrouver ma vie, je veux me retrouver. Je vais aller ou il faudra. Pas question de m'isoler et de dépérir. Faut BOUGER quand ça fait plus :)

Hop mama a dit…

Vie remplie avant, ici aussi :O((( Maintenant elle est remplie, mais de responsabilités seulement, ou presque... Alors on bouge ;O)

Fini l'isolement! Bon, dans quelques mois mais quand même, on s'accroche à ce départ ;O)